«Actuellement, les robots ne peuvent pas encore nous aider dans les environnements humains, souligne Francesco Stella, cofondateur d’Embodied AI. Pour y parvenir, ils doivent être sûrs et offrir un contrôle plus intuitif.» L’ingénieur italien spécialisé en robotique a donc décidé d’élaborer, avec son équipe, un bras robotisé souple, constitué de moteurs, de câbles et d’une structure en polyuréthane thermoplastique (TPU), un plastique présentant des avantages en matière d’élasticité, de résistance et de légèreté.

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Dans leur démarche, ils se sont inspirés d’exemples biologiques, comme les éléphants ou les pieuvres, dont les membres flexibles font preuve d’une remarquable dextérité. Une fois leur prototype mis au point, ils l’ont présenté lors de plusieurs conférences, attirant l’intérêt de diverses entreprises et institutions académiques. «Nous cherchons maintenant à transposer cette innovation en un produit industriel», indique Francesco Stella.

Fondée en 2023, la start-up, précédemment connue sous le nom d’Helix Robotics, a établi différents partenariats avec des laboratoires, notamment au sein du MIT et de l’EPFZ, ainsi qu’avec des groupes comme Nestlé, la NASA ou Grivix, une société suisse active dans la recharge de véhicules électriques, afin de démontrer la faisabilité du projet. A court terme, les perspectives sont prometteuses, notamment dans les supermarchés, où ce système pourrait assister le personnel dans le remplissage des rayons et le contrôle de la qualité des produits.

Une aide à domicile

A plus long terme, des applications sont également envisageables dans les domiciles, par exemple pour aider les personnes à mobilité réduite ou âgées dans leurs tâches quotidiennes. «Le plus compliqué dans notre domaine d’activité est d’interagir en toute sécurité avec le milieu environnant, notamment lorsqu’il s’agit de saisir des objets, explique Francesco Stella. C’est justement là que la souplesse de notre robot constitue un atout majeur.»

L’autre difficulté concerne l’interaction avec la machine. Aujourd’hui, il faut être un ingénieur pour réussir à faire bouger un robot. Grâce à ChatGPT, la start-up lausannoise ambitionne de rendre cette relation beaucoup plus aisée, par le biais de phrases simples – comme «attrape ce citron» – que le robot associe directement à des actions concrètes.

La start-up a récemment été financée à hauteur de 150 000 francs par Venture Kick. A ce jour, elle a levé environ 1 million de francs et prévoit une levée de fonds supplémentaire de 2,5 millions de francs en juin. L’équipe est pour l’heure constituée de cinq personnes et envisage trois engagements additionnels d’ici à cet été. Les fondateurs apportent leur savoir-faire en conception robotique et en algorithmes de contrôle. Francesco Stella, Josie Hughes et Cosimo Della Santina sont les inventeurs d’une technologie propriétaire, publiée dans la revue scientifique Nature npj Robotics et protégée par un brevet européen. Récemment, Kai Junge, directeur technique, et Max Polzin, directeur des opérations, ont rejoint la société afin d’apporter leur expertise en fabrication industrielle et croissance d’entreprise.