Bayer considère 2025 comme une année «pivot», «la plus difficile en termes de performance financière», a déclaré le directeur général Bill Anderson, cité dans un communiqué. En 2024, le géant de Lerverkusen a subi une perte nette de 2,5 milliards d'euros, contre 2,9 milliards d'euros en 2023. Bayer a été plombé par un recul de ses ventes de 2,2%, à 46,6 milliards d'euros.

La plateforme d'analyse financière Facstet s'attendait à une perte nettement moins importante, à 1,5 milliard d'euros. La division agrochimie, celle du fabricant controversé de pesticides Monsanto rachetée en 2018, a particulièrement déçu cette année à cause de dépréciations et de prix bas.

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Les ventes de ce segment, ajustées des effets de portefeuille et de changes, ont reculé de 2,0%, à 22,3 milliards d'euros. Le chiffre d'affaires de la division pharmaceutique, en crise pendant de nombreuses années, a en revanche progressé de 3,3% pour s'élever à 18,1 milliards d'euros.

Chimie allemande à la peine

Bayer est porté par les bons résultats de certains médicaments, comme le Nubeqa contre le cancer de la prostate et le Kerendia contre l'insuffisance rénale. Le résultat opérationnel ajusté (Ebitda) hors éléments exceptionnels a chuté de 14%, à 10,1 milliards d'euros.

Dans un secteur allemand de la chimie en grande difficulté, Bayer a lancé une importante restructuration afin de générer deux milliards d'euros d'économies chaque année à partir de 2026. En 2024, environ 7000 postes ont été supprimés dans le monde, la plupart dans des fonctions d'encadrement, faisant passer les effectifs à 93'000 salariés, et des économies de 500 millions d'euros ont été réalisées.

L'objectif sera aussi d'économiser 800 millions d'euros cette année, indique la direction. Pour les ventes, Bayer prévoit en 2025 une fourchette d'évolution entre -3% et +1%, dont un recul dans la division pharmaceutique compris entre 1 et 4%. Le résultat opérationnel avant éléments exceptionnels va baisser, a prévenu le groupe.

«Pour saisir les opportunités à venir, nous devons d'abord traverser ce qui restera une période difficile», indique Bill Anderson arrivé en poste en juin 2023. Par ailleurs, le groupe espère toujours un précédent à la Cour Suprême des Etats-Unis pour circonscrire les procès sans fin liés au glyphosate, l'herbicide présumé cancérigène de l'américain Monsanto.

Selon les dernières données, datant d'octobre, Bayer avait déboursé 11 milliards d'euros en amendes dans plus de 100.000 dossiers, tandis que 54.000 litiges restent à trancher.